Un pays de rêves

Cette vignette a été écrite initialement en anglais sur la base d’une proposition à Critique Circle qu’on peut résumer par « Un rêve/cauchemar et son effet dans la réalité pour votre protagoniste. Pas plus de 3 paragraphes, pas plus de 5 phrases par paragraphe. ». Si vous aimez ce genre de défi (en anglais) vous pouvez créer un compte à Critique Circle (c’est gratuit), il y en a environ un tous les quinze jours.

Quand je vais me coucher, la plupart du temps j’éteins la lumière, je ferme les yeux, j’attends un peu puis j’entends le réveil et c’est le matin. C’est comme ça que ça se passe d’habitude, un instant intemporel entre soir et matin. Je rêve rarement. Quand je le fais, c’est généralement banal : je vole au ras du sol, je me retrouve à l’école sauf qu’on est des adultes, un truc dans le genre dont l’illogique me fait réaliser que je rêve — et en général c’est ce qui interrompt le rêve.

Donc… cette nuit, je rêve. Je suis dans une ville, que manifestement je connais puis que je suis en train de rentrer chez moi à pied. Sauf que le nom sur la porte n’est pas le mien. Ça me fait tiquer, de même que la réaction de mes voisins quand je les salue. Ils n’ont pas l’air de me connaître, même si moi, je les reconnais. D’accord, c’est la variante « Je n’existe plus ». Pas de problème, maintenant que j’ai réalisé, je vais me réveiller.

… Sauf que je ne réveille pas, ou plutôt, je ne me suis pas réveillé. Ça fait soixante-douze heures que je me suis retrouvé dans cette ville, et je ne sais toujours pas où je suis, et pas une âme dans cette ville ne sait qui je suis. Soixante-douze heures de rêve continu, sauf que ce n’est pas un rêve : soixante-douze heures, trois jours, séparés par deux nuits de sommeil. Et je soupçonne que désormais ils seront totalement sans rêve.

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