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M-BD (aussi) directement du dessinateur au lecteur ! (que possible) - MIS A JOUR

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Submitted by Albert on Sat, 02/03/2013 - 9:25am

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MISE A JOUR : cela fait quelques temps maintenant que M-BD a cessé de paraître. Dommage, c'était une idée intéressante...

Le premier numéro de M-BD vient de sortir !

M-BD, c'est un mensuel de bandes dessinées.

Mais pas que.

Déjà, vous le repérerez facilement sur les étagères : le dessin de couverture est de Bruno Bellamy, dont le style se reconnaît. En plus, BB est quelqu'un de très sympa, dont j'aime beaucoup le travail, et pas juste ses bellaminettes !

Ensuite, un second point qui frappe, c'est que sur les 68 pages tout compris, vous aurez 60 pages de BD. Le reste, outre la couverture, c'est une page édito / ours / sommaire, une page de présentation, une page d'abonnement, deux pages de promo d'auteurs, une annonce du "prix de la bande-annonce" (vous suivez toujours) et UNE pub pour un abonnement à une offre de BD numérique.

Déjà, ça donne le ton : le but, c'est de publier de la BD.

Mais pas que.

Non seulement M-BD vous propose des BD à suivre, mais en plus, ils vous offrent l'occasion d'aller voter sur leur site  pour les BD du numéro que vous préférez : les BD les moins cotées deux mois de suite seront remplacées par un nouvel entrant, et ainsi de suite mois après mois. À première vue, ça peut sembler être un gadget, une sorte de "BD-crochet" façon "Star Ac des dessinateurs", ou encore rappeler à certains d'entre nous leurs samedis après-midi devant "la Une est à vous". Mais quand on y réfléchit un peu plus, c'est bien autre chose : M-BD met le choix éditorial entre les mains de ses lecteurs ! C'est d'ailleurs ce qu'explique la page 65 de présentation (et au passage, 65 est un excellent nombre).

Et qui trouve-t-on dans ce premier M-BD, soumis à la sentence populaire ?

  • Bellamy, déjà cité (et qui se fait offrir une page de promo, mais on n'a rien contre parce que d'abord, c'est mérité, et ensuite, ça fait toujours des dessins de Bellamy en plus), nous présente sa Romance de Mars, une histoire de personnages simples, avec des problèmes et des situations terre-à-terre mars-à-mars, où le trait léger et agréable enrobe l'évocation d'une autre manière de vivre. BB n'aimerait pas qu'on parle de message, je le soupçonne, mais c'est un peu ça. Prenez votre heure martienne à lire, sans hâte, ce que vous disent ses dessins.
  • Benjamin Reiss et Cédric Mayen nous invitent dans leur Territoire post-catastrophique avec une SF dont les décors, les apparences des personnages, le montage me rappellent agréablement Judge Dredd -- avec moins d'humour dans les seconds plans et dans les dialogues. Un regret de détail à ce dernier sujet : les textes sont petits au regard de l'espace disponible dans les bulles.
  • Arcady Picardi est hors classement, on ne peut pas voter pour lui, c'est dommage, car tant son Somewhere beyond the sea (un sans-paroles poétique et comique à la fois) que ses bonus sont simplement magistraux d'efficacité dans la simplicité.
  • Remedium propose une troisième mort sombre, au montage en plans successifs à la façon d'un documentaire sur la vie de ses personnages. Et comme dans un documentaire, les images se succèdent au rythme d'un monologue, où texte et dessin dépouillés renforcent tous deux le fond noir du discours.
  • Tomkat, pour qui personne ne sortira d'ici vivant, nous fait suivre une paire de porte-flingue (oui, pas de "s" au pluriel, je vomis la réforme de 1990)  que ne renierait pas Tarentino, (plus) déséquilibrés (qu'il ne faut pour envisager le métier de tueur). Ah, et l'un d'eux est un porc. Littéralement. Le tout est jubilatoire, du moins si on ne se formalise pas de voir des morts brutales et gratuites.
  • Tyef, enfin, dans La mémoire de siècles, pose les briques d'un mélange de mystère et d'action. Très rapidement (un peu trop à mon goût mais je comprends la nécessité de caser ce qu'il faut dans ce premier épisode) il met en place le contexte, les personnages et les interrogations qui feront vouloir lire la suite. Un regret, toutefois : les dialogues ont tendance à être verbeux, ce qui convient au grand monologue d'un des personnages, mais pas autant aux autres. Ah, et encore une fois, les textes sont bien petits. Argh, mes yeux !

Voilà ce que, pour à peine 2,90 EUR, vous pourrez lire dans ce premier M-BD.

Mais pas que.

Vous y lirez surtout la volonté de quelques passionnés de la BD pour créer un lien aussi direct que possible entre des auteurs et des lecteurs, et ça, c'est sans prix.

Demandez M-BD à votre marchand de journaux !

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